Traçabilité GlobalG.A.P. au Maroc : ce que l'auditeur veut voir
07 octobre 2026 · 5 min de lecture

Dans un audit GlobalG.A.P., l'auditeur ne lit pas tous vos registres. Il en choisit un lot, souvent au hasard dans la chambre froide ou sur la ligne de conditionnement, et vous demande d'où il vient. Ce qui suit se joue en quelques minutes : la parcelle, les traitements, les dates, la récolte.
Cet article décrit les registres à tenir pour réussir ce test, et ce qui le fait échouer le plus souvent. Pour le cadre général de l'export, voir notre article sur GlobalGAP et HACCP au Maroc.
Le test que l'auditeur lance sur place
L'auditeur prend un produit fini et remonte le fil : de quel lot s'agit-il, de quelle parcelle, quelles interventions y ont eu lieu avant la récolte, avec quels produits. Puis il fait l'inverse, d'un intrant vers les parcelles où il a servi. Si vous répondez en lisant un registre daté, le test passe. Si vous cherchez dans trois cahiers et un tableur, il tourne mal, même quand les pratiques sont bonnes.
Les registres à tenir, parcelle par parcelle
Pour chaque parcelle et chaque campagne, gardez au même endroit :
- l'identification de la parcelle, sa surface et la culture en place
- chaque intervention (semis, fertilisation, traitement, irrigation, récolte) avec sa date
- le produit utilisé, son numéro de lot, sa dose, et qui l'a appliqué
- le délai avant récolte du produit et la première date de récolte autorisée
- le numéro de lot attribué à chaque récolte
- le client qui a reçu chaque lot, quand il y en a un
Là où le test échoue le plus souvent
Le numéro de lot du produit phytosanitaire est le premier oublié. On note « fongicide, 2 L » mais pas de quel bidon il vient, et le lien avec l'achat et la date de péremption disparaît. Vient ensuite le lot de récolte : sans numéro propre, impossible de dire quelles interventions le concernent.
Le troisième point faible est le délai avant récolte. Il se vérifie en croisant deux dates qui vivent dans deux registres différents. Quand l'un des deux est en retard de saisie, personne ne voit l'écart avant l'auditeur. C'est aussi le cas qui porte le plus de risque, puisqu'un délai non respecté touche directement la sécurité du produit.
Se préparer sans refaire tout le système
Faites le test vous-même avant l'audit. Prenez un lot au hasard dans le stock, et chronométrez le temps qu'il faut pour retrouver sa parcelle, ses traitements et ses dates. Recommencez avec trois lots, un par parcelle différente. Là où vous cherchez trop longtemps, il manque un champ ou un registre.
Un logiciel peut tenir cette chaîne à votre place. Dans Amtol, chaque intervention garde le lot de l'intrant, chaque récolte reçoit son numéro de lot, et la fiche de traçabilité d'une plantation s'imprime en PDF. Les détails sont sur la page traçabilité et stock d'intrants. Le même registre sert ensuite pour HACCP, puisque l'analyse des dangers s'appuie sur les mêmes lots.
Questions fréquentes
Que demande GlobalG.A.P. en matière de traçabilité ?
Le principe est de pouvoir remonter d'un lot de produit jusqu'à la parcelle et aux interventions qui l'ont concernée, et inversement. Le détail exact des points de contrôle dépend de la version du référentiel et de votre option de certification : reportez-vous au cahier des charges fourni par votre organisme de certification.
Un cahier papier suffit-il pour un audit ?
Il est accepté tant que les enregistrements sont complets, datés et retrouvables. Le problème n'est pas le support mais le temps : retrouver un lot précis dans plusieurs cahiers prend vite plus longtemps que l'auditeur n'en accorde.
Quels enregistrements faut-il garder pour chaque traitement ?
Au minimum la parcelle, la date, le produit avec son lot, la dose, la personne qui a appliqué et le délai avant récolte. Ce sont les informations qu'un auditeur recoupe avec la date de récolte pour vérifier que le délai a été respecté.
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