GlobalGAP et HACCP au Maroc : ce qu'il faut savoir pour exporter vers l'UE
10 septembre 2026 · 7 min de lecture
Un acheteur européen qui reçoit une caisse de tomates ou d'agrumes marocains veut pouvoir répondre à une question simple en cas de problème : d'où vient ce lot, et qu'est-ce qui lui a été appliqué avant la récolte ? GlobalGAP et HACCP sont les deux référentiels qui reviennent le plus souvent dans les cahiers des charges des distributeurs européens pour y répondre, et les deux qu'une exploitation marocaine doit connaître pour exporter vers l'UE. Voici ce qu'ils couvrent, et ce qu'ils demandent concrètement.
GlobalG.A.P. Maroc : la norme de bonnes pratiques agricoles
GlobalGAP (anciennement EurepGAP) est un référentiel privé, créé par un groupe de distributeurs européens, qui certifie les pratiques de production au niveau de l'exploitation : utilisation des produits phytosanitaires, gestion de l'eau, sécurité des travailleurs, traçabilité des lots depuis le champ jusqu'à l'expédition. Ce n'est pas une obligation légale, mais dans les faits, la plupart des grandes enseignes européennes n'achètent pas de fruits et légumes frais sans elle.
La certification est délivrée par un organisme accrédité, après un audit sur l'exploitation. Elle se renouvelle chaque année.
HACCP, une logique différente
HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) n'est pas un référentiel de production au champ, mais une méthode d'analyse des risques sanitaires, appliquée surtout au stade du conditionnement et du stockage : identifier les points où un danger microbiologique, chimique ou physique peut apparaître, et mettre un contrôle à chacun de ces points. Au Maroc, la démarche HACCP n'est pas optionnelle pour une station de conditionnement : elle découle de la loi 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, sous le contrôle de l'ONSSA (Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires).
GlobalGAP et HACCP se complètent plus qu'ils ne se recoupent : l'un couvre le champ, l'autre le conditionnement.
Ce que ces deux référentiels demandent, concrètement
Au-delà des principes, un auditeur GlobalGAP ou un contrôle ONSSA vérifie des choses précises :
- Un numéro de lot qui relie une récolte à sa parcelle, sa variété et sa date
- La liste des produits phytosanitaires appliqués sur cette parcelle, avec leur date d'application
- Le respect du délai avant récolte de chaque produit : le nombre de jours minimum entre le dernier traitement et la récolte, fixé par l'homologation du produit
- Un dossier consultable, pas seulement une mémoire ou un carnet éparpillé entre plusieurs personnes
C'est là que la plupart des petites exploitations marocaines butent, non pas sur le fond (les bonnes pratiques sont souvent déjà là) mais sur la forme : reconstituer un historique propre, lot par lot, à partir de plusieurs cahiers et de la mémoire du chef de culture, prend du temps et laisse passer des erreurs.
Préparer sa traçabilité sans tout ressaisir à la main
Un logiciel de gestion agricole comme Amtol n'est pas un raccourci vers la certification (l'audit reste un audit), mais il évite de reconstruire cet historique à la main au moment où on en a besoin. Chaque intervention enregistrée garde le produit utilisé, son lot, sa date de péremption et son délai avant récolte ; chaque récolte reçoit un numéro de lot et remonte automatiquement les interventions qui la concernent. Si un traitement n'a pas eu le temps d'agir avant une récolte, Amtol le signale avant qu'un auditeur ne le fasse. Ça s'inscrit dans la même dynamique de digitalisation que porte Génération Green 2030. Pour tenir la preuve au quotidien, voir le logiciel de traçabilité et stock d'intrants. GlobalGAP et HACCP couvrent le champ et le conditionnement ; les conditions de travail et l'éthique du site relèvent d'un autre audit, de plus en plus demandé en complément : SMETA. Et pour les exploitations qui vont au-delà de HACCP sur le volet management de la sécurité alimentaire, il y a ISO 22000.
Questions fréquentes
GlobalGAP est-il obligatoire pour exporter depuis le Maroc ?
Non, ce n'est pas une obligation légale. Mais dans les faits, la plupart des grandes enseignes européennes n'achètent pas de fruits et légumes frais sans cette certification, ce qui la rend incontournable pour une exploitation marocaine qui vise l'export.
Quelle est la différence entre GlobalGAP et HACCP ?
GlobalGAP certifie les pratiques agricoles au champ : phytosanitaires, eau, sécurité des travailleurs, traçabilité des lots. HACCP est une méthode d'analyse des risques sanitaires appliquée au conditionnement et au stockage. Au Maroc, HACCP découle de la loi 28-07 et est contrôlée par l'ONSSA.
Qui délivre la certification GlobalGAP ?
Un organisme de certification accrédité, après un audit sur l'exploitation. La certification se renouvelle chaque année.
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